Giant

Giant, peinture acrylique et peinture phosphorescente sur bois, festival Artpenteurs, Boeschepe (FR), 2026. Construction : Léo Pacquelet, CNC : numerix.

Festival Artpenteurs
Cœur de Flandre
Du 1er juin au 31 octobre 2026

Découvrir ou redécouvrir le territoire du Cœur de Flandre à travers des œuvres d’art éphémères, libres d’accès, installées dans des espaces naturels, c’est le concept du Festival Artpenteurs, lancé en 2024.
Au creux d’un bois, au détour d’un chemin, au bord d’un étang, au cœur d’un village flamand… Laissez-vous surprendre par les 11 œuvres d’art imaginées par des artistes venant de tous horizons. Entre interrogations, rêve et émotions, ces créations vous offriront une expérience inédite autour de nos paysages.

A pied ou à vélo, cet été, « artpentez » le territoire et embarquez pour une aventure artistique grandeur nature !

Giant est une représentation peinte d’un géant des Flandres, une race de lapin particulièrement imposante. Ce surprenant dessin monumental, tenu par une structure en bois gris anthracite pleinement affirmée, prend place au bord de la route comme une enseigne tirée d’un décor de road-movie américain. La peinture rouge vif tranche sur le paysage pittoresque dans lequel la forme en bois découpée s’inscrit. Perçu au premier abord comme une présence sympathique, l’animal n’est pas sans ambiguïté. Le changement d’échelle, les coulures et les découpes franches modifient notre appréhension immédiate de l’image. À la nuit tombée, la structure se fond dans le paysage et la créature reste visible pendant un certain temps grâce à une peinture phosphorescente. Ce jeu entre apparition et disparition interroge la perception du paysage, transformé en espace de représentation, entre réalité, imaginaire et mémoire du territoire.

Infos pratiques
Parking recommandé : Parking de la Mairie de Berthen (à 1,7km, 20min à pied. Trajet en bord de route. Attention, ça monte !)

Localisation œuvre : Chemin du Purgatoire (Coord. GPS : 50.783698, 2.708268)
Accès poussette/PMR : oui

https://www.artpenteurs.fr

Fresh, so fresh

Fresh, so fresh, installation, 2026. K1, etalageproject, WARP, Sint-Niklaas (BE). Curator Ilka De Wilde

K1
WARP Contemporary art platform
25/04/2026 – 05/06/2026
Apostelstraat 12 en 20
Sint-Niklaas

K1 en K2 is het etalageproject van WARP en onze buren, het kunstenaarskoppel Edith Ronse & Michaël Pycke in de Apostelstraat 12 en 20 in Sint-Niklaas. In 2017 startte dit initiatief om extra presentatiemogelijkheden te creëren voor (opkomende) beeldende kunstenaars. Voor 2026 werd Ilka De Wilde aangesteld als coördinator.

Alfonse, Paul et les Autres – K1 etalage
Alfonse, Paul et les autres is een soloartiest die zich transformeert in een ‘meervoudige persoonlijkheid’. Deze geconstrueerde identiteiten stellen hem in staat om binnen een artistiek universum diverse registers te verkennen.

Hij creëert complexe en uitbundige ironische installaties, opgebouwd uit beelden die op ruimtelijke schaal worden geherinterpreteerd.

Zijn werken vullen de ruimte met levendige, immersieve omgevingen waarin kleurrijke wanden, verzadigde patronen, tapijten (denk maar aan je klassieke picknicktafellaken) en uiteenlopende objecten samenkomen. Ze nodigen de toeschouwer uit om binnen te stappen in deze overwoekerde jungle. Zijn installaties infecteren in geen tijd de hele ruimte. Het bouwproces blijft zichtbaar en ook de achterkant wordt blootgelegd, samen met grafische ongelukjes, onhandigheid, gebreken en verfdruppels (kijk maar eens naar de borstelsporen). Door een DIY-esthetiek en een opzettelijk amateuristische aanpak te omarmen daagt hij conventionele opvattingen over smaak, decoratie en hyperverleiding uit.

Achter een vrolijk, op pop-art geïnspireerd, kinderlijk en carnavalesk uiterlijk gaan afwijkingen en donkerdere patronen schuil. Trashy en lelijke elementen flirten met pure kitsch, maar wat is goede en slechte smaak? Wat bij een eerste ontmoeting speels en levendig lijkt, onthult met een diepere blik lagen van illusie en een kritische blik op schoonheid, beeldcultuur, huiselijke ruimtes, menselijk gedrag en maatschappelijke normen.

‘Fresh, so fresh’

Voor dit werk vertrekt Alfonse, Paul et les autres van een klassieke botanische illustratie van perziken aan een tak. Vanop afstand oogt het beeld verleidelijk en overvloedig, de verzadigde kleuren grijpen meteen de aandacht. Deze installatie, getiteld Fresh, so fresh, onderzoekt kritisch de hyperverleidelijke aard van commerciële etalages in stedelijke ruimtes. Het werk brengt de weelde van een barokke setting samen met een ironisch popuniversum. Fresh, so fresh ensceneert uitbundig een verleidelijk beeld, zo verzadigd met prikkels dat het genot bijna omslaat tot het punt van walging.

https://www.warp-art.be/programma/etalageproject-k1-en-k2-alfonse-nele

Everything must go

© eiio studio

SPRING OPENING

Everything must go
23.04.26 > 25.04.2026


Comment imaginer une circulation non marchande de l’œuvre d’art ou plutôt de ce qu’il en reste ? Everything must go (Tout doit disparaître) vise à questionner le statut des restes artistiques avec l’ambition de ne surtout rien créer de nouveau. Inventaire avant liquidation partielle ou totale, j’ai souhaité ouvrir la discussion sur le devenir des résidus générés par presque dix ans de pratique de l’installation. 

Ma recherche m’a conduit à réaliser un catalogue qui pose les premières bases d’un service de prêt d’une sélection de pièces. L’ensemble est présenté sous la forme d’une installation à valeur d’usage qui emprunte les codes du stand et du show-room. 

Ce projet a été initié à l’occasion d’une résidence de recherche au WAW, lieu géré par Ici Vaisseau Mère à Uccle en région bruxelloise. 

Consulter le catalogue

WAW
Rue de Stalle 140B, bâtiment D
1180 Uccle, Belgique
Vernissage
Jeudi 23.04.2026
18:00 > 22:00

Exposition
Vendredi 24.04 – 14:00 > 22:00
Samedi  25.04 – 14:00 > 20:00

Oasis by Alfonse, Paul et les autres

Tutti frutti, L’H du Siège, Valenciennes, 2024. © eiio studio

OASIS BY ALFONSE, PAUL ET LES AUTRES

Affordable Art Fair Brussels
4 – 8 February 2026


Oasis transformera le cœur de la foire en un décor exubérant et vivifiant. Des panneaux de bois peints représentant une végétation et des fruits surdimensionnés aux couleurs saturées se mêlent à des éléments décoratifs pour accueillir les visiteurs. Inspirée par des images à vocation commerciale ou scientifique, l’installation révèle sa nature brute de près : gestes visibles, coulures, vis apparentes et découpes de bois viennent contredire notre perception première. L’image lisse et stéréotypée qui séduit à distance disparaît dès que l’on s’approche.

Cette oasis artificielle nous invite à ralentir, à nous immerger dans la couleur et la matière, et à profiter d’un espace conçu pour la rencontre et le partage.


Affordable Art Fair Brussels
Tour & Taxis, Rue Picard 3, Brussels, Belgium

Vernissage
Mercredi 4 février, 17:00 – 22:00

Public Days
Jeudi 5 février, 14:00 – 21:30*
Vendredi 6 février, 12:00 – 21:30*
Samedi 7 février, 10:30 – 19:00
Dimanche 8 février, 10:30 – 18:00

*Le restaurant et le bar de la foire restent ouverts jusqu’à 22:30

Plus d’informations

Êtres fêtes


Rosa Arango, Christine Berchadsky, Jessy Deshais, Jean Emmanuel Exbrayat, Sandra Gil, Grégory Grincourt, Bilel Zeghlache Haderbache, François Marcadon, Béatrice Meunier-Déry, Ofobuike Okudoh, Quentin Scalabre, Jeanne Susplugas, Alexis Tolmatchev, Simon De Tissus Papi, Élodie Wysocki, Alfonse, Paul et les autres, Vogue in Lille …

Exposition du 20 septembre au 22 novembre 2025
Vernissage le 19 septembre à partir de 18:00
Dim’BAR dimanches 16:00 : ateliers créatifs pour petits et grands, goûter à partager
— 21 Septembre : rencontre avec Régis Perray « Roubaix motifs » & lecture à haute voix
— 5 octobre : POAA nord 2025 « mes mains numériques 10e » — Productions de l’atelier video art plastique
— 2 novembre : Surprise festive !
— et plus encore…. ateliers créatifs, diffusion, party …

« Êtres Fêtes », interroge tout à la fois le collectif et l’individuel avec les œuvres d’artistes d’horizons et de pratiques diversifiées sur la thématique de la fête, de la cérémonie. Peinture, sculpture, dessin, textile, photographie, vidéo, son, masque, marionnette, géant… sont proposés pour explorer joyeusement cet état où nous pouvons transgresser les règles ou être plongé dans la solennité.
À la fête mercantile, nous choisissons « Êtres Fêtes » comme espaces de libertés et de revendications des identités et des expressions – qu’elles soient populaires : allumoirs, géants, masques… ou artistiques : œuvres plastiques, textiles, performances, conférences, diffusions… – afin de partager et d’être inclusif pour ouvrir de nouveaux espaces de convivialité.
La Qsp galerie est un espace d’exposition mais aussi un lieu d’autres possibles : espace d’ateliers, de performances, diffusions, écoutes, musiques, danses festives… où toutes et tous pourront se sentir en fête de septembre à novembre 2025.

Exposition dans le cadre de Fiesta – Lille300 – 2025 Années des fêtes du Monde à Roubaix – Journées Européennes du Patrimoine – Mois du Film Documentaire 2025.

Du jeudi au samedi et 1er dimanche du mois de 15:00 à 19:00
Accès M° ligne 2 > Gare Jean Lebas – Bus > n°30 – 33 – CIT5 – Z6
Parking & V’lille > Gare Jean Lebas & Musée La Piscine

BUREAU D’ART ET DE RECHERCHE
À LA Q.S.P. * (QUANTITÉ SUFFISANTE POUR)
Lieu de cercle privé (adhésion annuelle à 2€)
112, AV. JEAN LEBAS 59100 ROUBAIX
TEL/FAX : 03 62 28 13 86
MOBILE : 06 24 64 31 77
eric.le.bar@free.fr
https://www.le-bar.fr/

L’art habite-t-il en région ?

Julien Gorgeart, Jean Bonichon, Anaïs Prouzet, Julie C. Fortier, Amalia Vargas, Françoise Sémiramoth, Alfonse Paul et les autres, Esther Hoareau, Mounir Allaoui, Cécile Maulini, Ségolène Thuillart, Léa Barbazanges, Collectif Lova Lova, Loïs Szymczak, Annabel Guérèdrat, Héloïse Barriol, Agnès Fornells, Léo Fourdrinier.

Couvent des Cordeliers, Châteauroux
28.06.25 — 21.09.25

Commissaire d’exposition : Alexandre Roccuzzo.

« L’exposition est née d’une question que je me suis posée, en repensant aux magnets en forme de départements français qu’on trouvait dans les paquets de cordons bleus d’une célèbre marque : À quoi ressemblerait une carte de France des artistes ?

Et si, comme pour ces magnets, je ne devais choisir qu’un·e seul·e artiste pour représenter chaque région ? Qui pour la Bretagne ? Pour la Guyane ? Est-ce que je connais quelqu’un dans les Hauts-de-France ? À Mayotte ? Et pour l’Île-de-France, où résident tant d’artistes, comment trancher ?
Je me suis prêté au jeu. De là est née cette exposition.

Grâce à une scénographie originale, le sol de l’exposition devient une carte sensible : chaque région est matérialisée par un revêtement découpé à sa forme. Sur chacune, un·e artiste présente une œuvre ou un ensemble d’œuvres.
C’est ma carte de France artistique — subjective, personnelle, assumée.
Pas un panorama complet, ni un palmarès, mais un choix fait avec humilité, au fil des affinités, des coups de cœur, des rencontres, des recommandations… ou du hasard.

18 artistes, 18 territoires, 18 regards. Ensemble, ils dessinent un paysage artistique pluriel, à l’image d’un pays aux identités multiples, vivantes, changeantes. L’exposition invite chacun·e à imaginer sa propre carte. »

Informations pratiques

Vernissage le vendredi 27 juin à 18h30
Entrée libre
Couvent des Cordeliers
4 Rue Alain Fournier
36000 Châteauroux

DRAG and DROP

Drag and Drop
Commissaire d’exposition : Nicolas Tourte

Une exposition en mouvement, une cartographie du hasard

Glisser. Déposer. Composer.

« Drag and Drop » est une expérience collective, un instantané des connexions tissées au fil du temps. Cette exposition rassemble celles et ceux avec qui Nicolas Tourte a collaboré en tant qu’artiste, curateur ou autre. Ici, aucune ligne artistique prédéfinie, aucun cadre rigide : seuls comptent les croisements inattendus des œuvres et des trajectoires.
Chaque artiste invité est libre d’apporter une pièce de son choix et de la déposer dans l’espace. Une scénographie fluide accueille ces fragments de pratiques et d’expressions, laissant émerger une composition organique, soumise au hasard des formats, des couleurs et des rencontres.

« Drag and Drop » est une invitation à l’aléatoire, une mise en scène de l’imprévu, où l’exposition se construit à mesure que les œuvres trouvent leur place.
Un dialogue sans hiérarchie, un espace en mutation.
Une exposition éphémère, comme une mémoire vivante du réseau artistique qu’elle met en lumière.

Avec : Ruchi Anadkat, Franck Ancel, Olivier Aubry, Lola B.Deswarte, M.C de Beyssac, Alain Biet, Joachim Biehler, Christophe Bouder, Emilie Breux, Samuel Buckman, Thierry Chantegret, Anne Cindric, Olivier Classe, Martin Coiffier, Yann Derlin, Marie Noëlle Deverre, David Droubaix, Apolline Ducrocq, Ludovic Duhem, Thomas Ferrera, Francine Flandrin, Bertrand Gadenne, Marc Gerenton, Rohan Graëffly, Nicolas Guaillardon, Vincent Herlemont, Sébastien Hildebrand, Petra Hilleke, Mélanie Hue, Cécile Hug, Johanne Huysman, Joelle Jakubiak, Mickael Kerbiche, Julien Kieffer, Guillaume Krick, Paul Krulic, David Leleu, Marie Lelouche, Carol Levy, Mickaël Lilin, Christophe Loiseau, Aurélien Maillard, Pascal Marquilly, Fred Martin, Sandra Matamoros, Christine Mawet, Béatrice Meunier-Déry, Hugo Miel, Yosra Mojtahedi, Raphaël Morère, Freddy Muller, Sylvain Paris, Loïc Parthiot, Alfonse Paul et les autres, Laurence Pigeyre, Manon Pretto, Charlotte Pringuey Cessac, Jérôme Progin, David Ritzinger, Marina Rosselle, Samuel Rousseau, Théo Romain Sabota, Quentin Scalabre, Amélie Scotta, Rémi Tamain, Alexi Trousset, Valérie Vaubourg, Klaus Verscheure, Peggy Viallat, Mathieu Weiller, Sophie Wirtz, Christophe Wlaeminck, Mona Young-eun Kim, etc.

En parallèle de l’exposition, rencontrez Barnabé Mons pour une séance de dédicaces le vendredi 18 avril à l’occasion de la sortie de son livre Marie-Thérèse Chevalier aux éditions Zone de Confusion.

Barnabé Mons, commissaire d’exposition et collectionneur passionné, préserve l’héritage unique de Marie-Thérèse Chevalier (1939-2025), artiste virtuose du dessin et des travaux d’aiguilles. À travers ce livre, il dévoile la richesse créative et le parcours radical de l’artiste, invitant à découvrir une œuvre profondément sensible et avant-gardiste.

Pour plus d’informations sur le livre, vous pouvez consulter barnabemons.com ou envoyer un mail à barnabemons@gmail.com

Informations pratiques :
Vernissage : Jeudi 17 avril de 18h30 à 22h30
Exposition : Du Vendredi 18 au Dimanche 20 avril de 15h à 19h
Sortie et signature de Marie-Thérèse Chevalier : Vendredi 18 avril de 18h30 à 21h
Lieu : 24 Rue des Postes, 59000 – Lille
Entrée : Prix libre, votre première participation inclut l’adhésion au Club 24

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Wop bop a loo bop a lop bam boom

Tutti frutti, avant d’être un standard du rock n’ roll, était un parfum de glace. On ignore les saveurs qui chimiquement composaient l’ensemble, comme ses couleurs, l’onctuosité de la crème, les motifs embossés du cornet. Peut-être ressemblait-elle à la coupe pompadour de Little Richard, à ses costumes de scène, à ses chaussures, ses bijoux ? Elle constituait, au mitant des années 50 – comme la télévision, la voiture, le labrador ou le frigidaire – l’une des milles promesses faites à une classe moyenne galvanisée par le travail, les loisirs et le crédit à la consommation. Ce capitalisme, aussi suranné qu’une boite de Mon chéri, hante encore les imaginaires et les allées des Mégastores.  Alfonse, Paul et les autres en dresse en partie l’inventaire : sièges de jardin et table basse aux formes organiques, revues de décoration et de jardinage, Cowboy amoureux tout droit sorti d’une couverture Harlequin… L’esthétisation du monde, avec tout ce qu’elle comporte d’affects et de sensibilités, de violences et de fétichismes, de virtuel et de sensuel, constitue la matière première d’une œuvre bien plus acide et retorse que ses motifs ne le laissent de prime abord supposer.

Espace-éthoséros, l’installation reprend le projet fordiste en le déportant, via les filtres du strass, du pop et du vintage, en sa seule réalité effective, celle du phantasme. On ne sait par quel (dé)gout le prendre, de quelle façon l’habiter. Vrai/faux décor, Tutti Frutti, par son dispositif, évoque Play time de Jacques Tati. Si le réalisateur évoquait les aspects les plus froids et fonctionnels de la modernité (Alfonse, Paul et les autres agit à l’exact opposé du spectre), l’impression est la même : on oscille entre la fascination et l’écœurement, comme si le désir d’y être vraiment s’accompagnait du risque de s’y engluer pour de bon.

On le perçoit bien : l’intérêt de cette salle d’attente tient paradoxalement en son aspect définitif, sans horizon autre qu’une couche supplémentaire de chocolat entre le caramel et le biscuit ; une perle de rosée saveur fraise sur un pétale de Rose ; quelques zestes de citron vert sur un océan de Daiquiri…Qu’attendre encore quand tout est déjà là ? Objets ou images, qu’importe, puisque c’est la même chose. On le sait depuis les Beatles et Hamilton, Warhol et la soupe, Vitra et Baudrillard… les déterritorialisations du capitalisme, de stickers en t-shirts, de papier toilette triple couche en vélo électrique, cultivent inlassablement l’espoir d’en avoir enfin pour son compte. A l’artificialité des valeurs économiques et aux styles de vie qui leur sont associés, Alfonse, Paul et les autres – sans mépris aucun pour les codes esthétiques qu’il manipule  – oppose une autre perspective. 

La particularité de ce travail, aussi protéiforme qu’exubérant, ne consiste pas seulement en l’association savante d’artéfacts issus de l’industrie culturelle. Plus qu’un collage – ce qu’elle est aussi – l’installation relève avant tout d’une tentative de matérialisation du phantasme, avec tout ce que cette entreprise comporte d’accidents, de coups et de télescopages : perforations, arêtes vives, coutures et coulures… Les éléments les plus rêches et bricolés se disputent aux couleurs les plus saturées ; la luxuriance des formes à l’implacable violence des traits. Crayons et scie sauteuse, encres, Scotch et vis apparentes, papier peint et peinture acrylique…sont à la fois les moyens et les fins d’une œuvre qui, par-delà  la séduction et  l’ironie, incarne avant tout ce principe : « une société, en définitive, se paye toujours elle-même de la fausse monnaie de son rêve[1] »

B. Dusart.


[1] Henri Hubert et Marcel Mauss,  Esquisse d’une théorie générale de la magie, 1904.

Texte rédigé par Benoît Dusart, à l’occasion de l’exposition d’Alfonse, Paul et les autres à L’H du Siège, du 13 septembre au 23 novembre 2024, avec le soutien de L’H du Siège.